Marionnettes, Marionnettes, I.

« – Sculpteur je viens chercher Une marionnette, Toute de rouages Et articulée. Montrez votre étalage ! »

Et le pantiniste De se déplier Faisant cliqueter La clé dans son dos Et ses cliques câblées.

« Est-il court D’imagination? – Elle court Au contraire Si vite qu’une ambition ! Quels sont donc ceux-ci là? – Ceux-là ci enlacés? Assez simples à manier, Une valse enfantine Les agite Les anime Mais les fils entremêlés… Ça casse bien plus vite ! Les amants ne restent pas Pendus au même bois, Mais finissent haut et court Bien tôt, au fil de leurs… – Je n’en veux pas ! Ils me couteraient trop cher En sachets De mots doux Et autres paquets D’attention A dix sous. Trouve autre chose ! »

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Travail

Un travail de machine. – Répète ! – Cette fois, je le sais Singe voit, singe fait Bon singe. – Essaye de l’écrire ! Sept fois ou bien cent Voilà du papier. – Sans papiers, vagabond Et à pieds, vers la Chine Pour la rime. – Tu ne m’écoutes plus M’entends-tu, seulement? – La machine à papier Pour écrire La machine à écrire Son nom Vagabond Et léger. Je m’en vais avec lui C’est un nom bohémien Qui m’entraîne… Mais c’est où La Bohémie? Par les chemins Un peu plus loin. Dis moi ton nom Je veux l’entendre. Lui apprendre A rouler Sous la langue. Et m’enfuir de ses cages, Cages aux singes Enfermé dans ses lignes Trop étroites Et ses pages. Prends moi donc avec toi Je ne suis que mes mots Ne te pèserai pas Sans papiers et sensibles Avec toi Sur ton dos, Sous tes …

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Effet de nuit

Moi qui parlais de mon jeune âge ! Ce poème est l’un des premiers dont j’ai été fier, il est donc encore plus ancien que  « Par une fenêtre sale ». Il est d’un autre style, complètement différent du ton mélancolique, et des longs alexandrins que j’affectionne.

Je l’avais pour ainsi dire… laissé de côté, le trouvant moins brillant, un peu plus bancal que les autres, encore.

Mais finalement, après réflexion, peut-être que certains pourront y trouver leur compte… Non sans souligner, toutefois, une ressemblance, pour ainsi dire, frappante (Vraiment? Noooon…) avec « Soleils couchants » de Verlaine. Mais que voulez-vous, il faut bien s’identifier, quand on est un adolescent. C’est important, il paraît …

J’espère que vous en apprécierez la lecture !

 

Effet de nuit

Mes yeux hagards L’observent, cachés Gris sous le fard Hypnotisés.

Et son regard, Brise sucrée Dépose des Frissons du soir.

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Par une fenêtre sale

Ayant été gentiment convié, je me lance à mon tour, du haut de mon jeune âge, et de mes mots mal assurés. Je viens présenter mes écrits, et parmi eux, celui-ci, « Par une fenêtre sale », qui est l’un de ceux dont je suis le plus fier. Je voulais, de plus, vous présenter cette oeuvre, pour vous faire une démonstration de mon respect relatif des règles de prosodie, et de versification. J’imagine la poésie comme Verlaine le faisait, dans son « Art poétique », quitte à faire grincer des dents les amoureux de la règle, comme une « Chanson grise » (pour ne pas le citer). Je suis ouvert à toute critique, toute analyse, n’ayant eu que de retours peu approfondis jusqu’ici. Sur ce, et sans attendre, le poème en question :

Par une fenêtre sale

Allongé dans le train, l’ombre bordant mes yeux J’en écoute la marche, dans la ville et la nuit, Et …

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Sebastien Krée, Regrets I

 

Sébastien n’ayant pas eu l’occasion de publier lui-même ce texte, il m’a donné l’autorisation de le faire à sa place. Le voici :

Parfois, des conversations à découper aux ciseaux pour ne garder – blancs – que les maux en caractères gras

(Je ne fais pas collection de tes regrets. Je m’en moque et ne peux justifier ce toc sans dévoiler ce que

ton absence en tension gris clair provoque dans la chambre). Ces mots, jaunes et collés, ambrent la condition de l’air.

 

Sebastien Krée

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Le lit de Caroline

Caroline a fait son lit. Caroline aime jouer. Jouer avec son poisson rouge. Jouer avec son poisson rouge dans son bocal. Tous les vendredis elle mange du poisson pané. Son visage rose émet un rire-château-de-sable Devant les flamants roses. Dans son cœur-piscine Elle pêche des poissons arc-en-ciel. Ce ne sont pas les appâts qui lui manquent !

Caroline est à deux dans son lit. Caroline aime pécher. Pécher le poison rouge. Pécher le poison rouge dans sa buccale. Elle percute la vie en queue-de-poisson. Sur sa rose carne près de son sexe-plage Se brûlent les flammes roses. Dans son coeur-étang Se noient les hommes de toutes les couleurs. Ce ne sont pas les appâts qui lui manquent !

Caroline est sur son lit de mort. Caroline se met à se débattre. Se débattre comme un poisson rouge Se débattre comme poisson rouge hors de son bocal. Son corps a le …

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